Pourtant, pour une majeure partie de la classe médiatico-politique, les actes anti-chrétiens semblent très peu considérés.
Pire, la volonté de minimiser cette réalité, coûte que coûte, semble évidente, à en lire certains articles.
Des comportements, là, plus idéologiques que journalistiques.
Effectivement, la plus grande part des actes qualifiés d’anti-chrétiens concerne des atteintes aux biens. Alors, pour ces commentateurs, il faut conclure, de fait, que le sujet est sans importance.
Notons tout de même que les atteintes aux personnes représentent environ 15% des actes anti-chrétiens, soit une hausse de 96% par rapport à 2024. Concernant ces atteintes aux biens, il n’est pas rare de lire que le motif de la christianophobie apparaît moins évident. Comprenez alors qu’avec plus de 42.000 églises et chapelles réparties sur le territoire – contre plus de 2.300 mosquées et environ 800 synagogues -, les édifices chrétiens seraient nécessairement, mais indifféremment, plus ciblés par des comportements crapuleux. L’explication est ainsi toute trouvée, et le débat bien vite écarté.
Un raccourci qui semble pourtant simpliste.
En effet, les comportements visant les chrétiens sont variés. En outre, rappelons que la notion d’actes anti-chrétiens n’est pas consacrée, en tant que telle, par les textes législatifs. Il est donc bien simple de disqualifier des comportements comme n’appartenant pas à cette catégorie, parce que l’intention des auteurs ne serait pas certaine, en ce qu’il ne serait pas évident que ceux-ci avaient la réelle intention de nuire aux chrétiens. Ce biais d’analyse est largement mis en avant par nombre d’articles. Or, la recherche de l’élément intentionnel conditionne effectivement le caractère infractionnel de certains comportements. Mais la notion d’actes anti-chrétiens n’étant pas une notion proprement juridique, cantonner volontairement celle-ci à la recherche de l’intention de l’auteur a surtout pour objectif de faciliter ce travail d’invisibilisation.
Or, il convient plutôt de comprendre la notion d’actes anti-chrétiens, comme tout comportement ou décision qui porte préjudice aux chrétiens. Ainsi en réalité, voyons plus honnêtement et simplement que les comportements préjudiciables pour les chrétiens – les chiffres en témoignent – se multiplient. Il s’agit donc là d’un fait de société qui, quoi qu’il en soit, nuit aux chrétiens et à la pratique sereine de leur foi.
Un fait de société qui entraine notamment la multiplication des fermetures des lieux de culte en dehors des offices, la nécessité d’un renforcement sécuritaire, et un climat de crainte pour
les chrétiens. Une prise de conscience de cette réalité est alors évidemment nécessaire, pour mieux l’étudier, la sonder, la comprendre, et en débattre.
L’imprégnation de cette réalité dans le débat public est urgente pour l’émergence de politiques publiques efficaces.
Il est grand temps d’admettre que les chrétiens ne sont pas épargnés par la violence.
Et comme pour toutes les formes de violence, il est urgent d’y apporter des réponses.
Dans ces conditions, interrogeons-nous : à ce jour, ce faible intérêt médiatique et politique ne témoigne-t-il pas, surtout, de la place que nos élites souhaitent donner, aujourd’hui et demain, au christianisme en France ?