Comme pour chacune de ses interventions et actions, l’Association précise qu’elle ne recherche pas une contestation de principe des informations et statistiques sur le sujet – qu’elle jugerait stérile -, mais souhaite apporter, par la nuance, des pistes de réflexions et de débats, dans le seul objectif de lutter efficacement contre les actes qualifiés d’« anti-chrétiens ».
L’ADVAAC a pour objectifs de mener ses actions de manière apaisée, fuyant les positions purement idéologiques, seulement tournée vers la nuance, le débat, la critique constructive, et contre toute position victimaire de principe.
2/ Au surplus, la réelle considération de nos pouvoirs publics sur la problématique interroge.
Force est de constater que les gouvernements successifs se contentent généralement de
discours de pure forme, refusant d’aborder le sujet spécifiquement, et noyant la question dans
la problématique générale du vivre ensemble.
L’inquiétude pourrait pourtant être de mise.
En 2023 :
– 1 659 actes anti-religieux ;
– la moitié (857) concernant la religion chrétienne.
Dès lors, face à des méthodes de recensement pour partie inadaptées, et un certain désintérêt
(volontaire ?) des pouvoirs publics, une lutte efficace s’annonce difficile.
3/ D’autant que le traitement de certains médias des actes anti-chrétiens
interpelle également.
Il convient d’admettre que la notion relativement floue des actes « anti-chrétiens » – qui n’est pas une notion juridique -, englobe un certain nombre de comportements :
– Infractionnels : injure, diffamation, violence, dégradation de biens, profanation etc ;
– Mais plus généralement, l’on pourrait y faire correspondre tout comportement qui
porte préjudice à la communauté chrétienne (Pour rappel le SSMI recense le
phénomène dans la catégorie « infractions à caractère raciste, xénophobe ou
antireligieux » (sic)).
A titre d’exemple, de nombreux médias s’arc-boutent à démontrer que certaines dégradations
d’églises ne seraient pas des « actes anti-chrétiens » en ce que, nous disent-ils, au sens pénal
du terme, il faudrait démontrer l’intention de l’auteur.
S’il est vrai que, pour qu’une infraction soit constituée, l’intention de l’auteur est à démontrer,
notons simplement que le code pénal prévoit l’infraction de destruction, dégradation ou
détérioration, dont les peines sont portées à 7 ans d’emprisonnement et 100.000,00 €
d’amende, lorsqu’elle porte sur un édifice affecté au culte.
Dans notre exemple donc, le caractère intentionnel de l’infraction sera constitué s’il est
seulement démontré que l’auteur avait l’intention de dégrader l’édifice religieux, sans qu’il
ne soit nécessaire de savoir s’il voulait ou non porter atteinte plus généralement aux fidèles
de la paroisse concernée.
La volonté de certains médias, de nier coûte que coûte le phénomène, traduit bien plus une
idéologie plus ou moins assumée.
4/ La notion d’ « actes anti-chrétiens » renferme donc de vastes sujets, bien plus que seulement des comportements infractionnels.
La notion d’« actes anti-chrétiens » est donc une notion large, qui doit bien plus être entendue comme tout comportement ou décision qui porte préjudice à la communauté chrétienne.
A titre d’illustration encore, la question de l’entretien et des dispositifs sécuritaires des édifices religieux mis en place par l’Etat, et notamment les collectivités territoriales (majoritairement propriétaires depuis la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat) ne doit-elle pas être abordée au titre des comportements possiblement préjudiciables à la communauté chrétienne ?
En effet, le renoncement pour certaines collectivités à l’entretien des édifices cause, de facto,
un préjudice aux associations diocésaines qui ne peuvent organiser le culte sereinement, et
plus généralement à la communauté des croyants.
Le sujet est donc incontestablement varié et complexe, et dénote parfois avec le peu d’intérêt des pouvoirs publics et des médias.
La notion « d’actes anti-chrétiens » permet finalement à ceux qui ne veulent voir de ne pas
voir.
Certainement aussi, à ceux qui veulent accentuer plus que de raison ce phénomène de le faire.
L’Association des Victimes d’Actes Anti-Chrétiens appelle donc plus généralement à un débat constructif sur un sujet qui concerne tous les français, du croyant de toutes les confessions au non croyant.
L’ADVAAC appelle toutes les personnes de bonne volonté, et notamment tous politiques, de tous bords, tous médias, à participer à une réflexion sur ce sujet parfois brulant, dans un seul objectif d’apaisement afin de permettre notamment aux fidèles de vivre leur foi sereinement.